Ouvrir sa portière sans regarder peut coûter cher : la règle est claire, celui qui ouvre est presque toujours responsable. Mais quelques nuances existent, notamment quand la portière était déjà ouverte. Voici les règles en Belgique en 2026.

Points clés à retenir
  • L'article 28 interdit d'ouvrir sa portière sans s'assurer de l'absence de danger ou gêne.
  • Celui qui ouvre la portière est en principe en tort.
  • Une portière déjà ouverte peut devenir un obstacle prévisible — à prouver.
  • Sans preuve reconnue par la partie adverse, c'est l'ouvreur qui est fautif.

La règle de l'article 28

Les compagnies d'assurance se fondent sur l'article 28 du Code de la route : il est interdit d'ouvrir une portière, de la laisser ouverte, de descendre ou de monter, sans s'être assuré qu'il n'en résulte ni danger ni gêne pour les autres usagers, en particulier les piétons et les deux-roues. La charge de la prudence pèse donc sur celui qui ouvre.

Deux véhicules en stationnement

Le véhicule B, stationné, ouvre sa portière contre le véhicule A lui aussi à l'arrêt. Le fautif est clairement celui qui ouvre sa portière. Si les deux ouvraient leur portière au même moment, les torts seraient partagés par moitié.

Véhicule de passage sur la chaussée

Le véhicule A, stationné, ouvre sa portière ; le véhicule B, qui roule, est percuté en passant à sa hauteur. La faute incombe à celui qui ouvrait sa portière. C'est une source fréquente de litige : l'ouvreur invoque souvent que sa portière était « déjà ouverte » et constituait un obstacle prévisible. Mais encore faut-il le prouver (voir plus bas).

Cas particulier — portière n'empiétant pas sur la chaussée : si le constat montre que la portière ouverte ne dépasse pas l'emplacement de parking, aucune faute n'est reprochée au véhicule A. Deux issues : soit il est prouvé que le véhicule B déviait et empiétait sur la zone de parking (B en tort), soit ce n'est pas prouvé et l'on aboutit à un renvoi dos-à-dos (personne n'est indemnisé).

Portière déjà ouverte : l'obstacle prévisible

Si le véhicule A a sa portière ouverte depuis un certain temps (déchargement, installation d'enfants…) et que le véhicule B la heurte tout en ayant reconnu l'avoir vue ouverte, la portière devient un obstacle prévisible (article 10.1.3). C'est alors le véhicule B qui est responsable.

Mais attention : ce renversement n'est retenu que si le conducteur de B reconnaît par écrit, sur sa partie ou la partie commune du constat, que la portière était déjà ouverte. L'inscrire de son seul côté ne suffit pas. Un témoin indépendant peut s'avérer décisif. À défaut de preuve, c'est toujours l'ouvreur qui est déclaré fautif. La détermination s'appuie sur le barème RDR (voir gestion de l'accident).

Questions fréquentes

Qui est responsable lors d'une ouverture de portière ?

En principe celui qui ouvre la portière (article 28). Il doit s'assurer de ne créer ni danger ni gêne pour les autres usagers.

Ma portière était déjà ouverte : suis-je dégagé ?

Seulement si l'autre conducteur reconnaît par écrit, sur le constat, qu'il l'a vue ouverte (obstacle prévisible). Sans cette reconnaissance ou un témoin, c'est vous qui restez fautif.

Et si la portière ne dépassait pas la place de parking ?

Aucune faute ne vous est reprochée. Soit il est prouvé que l'autre empiétait sur la zone (lui en tort), soit, faute de preuve, c'est un renvoi dos-à-dos.

Informations générales. Les responsabilités exactes dépendent des circonstances et du constat.